samedi 23 janvier 2016

Révélations

Janvier 2016

 
 


Janvier 2016

Mon tendre amour,

Cela fait trop longtemps que je garde ce secret ! Je ne supporte plus de faire semblant… Je t’aime et c’est pour cela que je me suis tue jusqu’ ici.  Mais je te dois aujourd’hui la vérité. Je te la dois à toi et notre petit bonhomme de 8 ans. Cet enfant que j’ai tant désiré…

Tu te rappelles que tu n’en voulais pas au début. C’était notre sujet de dispute. Mon désir d’enfant était si grand…

Il y a 9 ans, on s’était encore disputé à ce sujet. J’étais épuisée, désespérée. Je me sentais incomprise. Je suis partie de chez toi avec ma valise. J’avais l’intention de retourner chez mes parents. Mais je n’y suis jamais arrivée… Je marchais dans la rue. Il était tard. Il faisait nuit noire.  Les rues étaient désertes. Mes larmes m’obligeaient à ralentir. Je n’y voyais plus rien. J’entendis des pas derrière moi. Je me retournais mais je ne vis rien. Je marchais encore 500 mètres et d’un coup je sentis une main glacée sur ma bouche, une odeur d’alcool et de cigarette mélangée et une douleur atroce dans le dos. Quelqu’un me plaqua par terre. Je sentis le froid d’une lame sous ma gorge. J’étais pétrifiée. Je ne me souviens pas de la suite: le trou noir…

Quand je me réveillais, j’étais à l’hôpital. Diagnostic : déchirure vaginale, une plaie ouverte dans le dos, syndrome post-traumatique.  Mes parents me ramenèrent et nous ne parlâmes jamais de ce qui s’était passé cette nuit-là ! Je fis des cauchemars la nuit suivante.  Mais ensuite plus rien… A tel point que je finis par croire que ce n’était qu’un mauvais rêve. Plutôt un cauchemar !

Une semaine plus tard, tu m’as suppliée de revenir vivre avec toi. Tu m’as dit que nous aurions un enfant. Et exactement neuf mois plus tard, il était là ! Je priais pour que tu sois le père ! Et tu l’es indéniablement. Mais hier, dans le regard de notre fils, j’ai vu celui de mon agresseur… Je ne peux donc plus continuer à me taire. Je ne peux faire comme s’il ne s’était rien passé…

Mon amour, j’espère que tu trouveras la force de me pardonner. Je sais que notre amour est en sursis. Mais notre fils a besoin de ton amour et moi aussi. Je suis tellement désolée pour tout.

 

Ton cœur


Texte posté sur Short Edition en publication libre

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